Suisse : Tsanfleuron 2017
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Mardi 15/08
Gouffre Yoplait (D23) épisode 1
Pascale et moi nous rendons sur les lieux que Yoplait nous a montrés. Outre le puits qui semble le plus prometteur, on y observe plusieurs trous dont au moins un communique avec le trou principal.
Simplement pour le plaisir de confirmer la connexion et savourer d’autant plus le trou principal, je m’introduis dans celui que nous appellerons D23b, corde amarrée au gros bloc suspendu en travers du trou : une fois passé sous le bloc, on prend pied vers -3 mètres dans une petite salle dont le sol s’incline en direction d’un trou noir, pas très large mais qui pourrait être pénétré si on prenait le temps de remonter quelques cailloux en surface. Le deuxième orifice de D23b donne également dans cette petite salle. Je laisse les cailloux en place et remonte vers Pascale.
Nous réutilisons le même bloc comme amarrage naturel et plantons les deux premiers goujons à l’entrée de D23 principal. Un déviateur sur AN est rapidement posé à -2m et, croisant au passage la lumière filtrée par D23b, je file vers un palier à -15m.
D’un côté du palier, sous l’arrivée de D23b, un trou bouché de cailloux, et de l’autre côté, un passage libre d’environ 50 de diamètre : bingo ! J’y balance des blocs, laisse de côté un verre de lunettes de soleil sûrement perdu par un randonneur, et plante un fractio. Je garde contact vocal avec Pascale, restée en surface, et descends.
Impressionnant ! Le puits s’agrandit et je dois maintenant placer un fractio plein vide. Je ne vois pas de fond… Quel pot, il a eu, ce Yoplait, de trouver ce gouffre prometteur ! Sur ma gauche, je vois l’arrivée du trou bouché, et sur la droite, commence à se profiler une stalactite de glace, longue de quelques mètres. Plus je descends, plus les parois sont empreintes de glace. Je bute sur un palier et me rends compte que la diaclase est oblique : je dois remonter un peu, puis placer un fractio plein vide à l’opposé, sous un éphémère « chat » de glace, ce qui me permet de continuer la descente. Un peu plus bas, un nouveau palier, et suit la déception : je suis en bout de corde ! Il me reste tout juste de quoi fractionner à l’opposé, encore une fois en plein vide, et dire que je distingue à peine ce qui pourrait être le fond à une vingtaine de mètres… La position pour fractionner n’est pas confortable parce que la diaclase est plus large et que je glisse sur la glace, mais ça va quand même (normalement, la prochaine fois, on n’aura plus qu’à accrocher la corde supplémentaire et on sera au fond).
Je remonte et le contact vocal avec Pascale, qui avait été perdu entretemps, est rétabli lorsque je suis à hauteur du premier fractio plein vide. Constatant un frottement juste au-dessus et comme on devra redescendre, j’ajoute un déviateur.
Pascale s’équipe et, dès que je sors du trou, elle y descend pour se rendre compte par elle-même. Elle déséquipe car on pourra gagner de la longueur de corde le lendemain en plaçant d’autres goujons plus proches de l’orifice que le bloc suspendu.
Trou inexploré (D24)
En attendant que Pascale remonte, je vais jeter un œil au trou D24 sans encore y pénétrer. Je le trouve moins prometteur que D23, mais il mériterait certainement une petite incursion car les cailloux jetés dans une fissure qui relie deux ouvertures en surface tombent profondément. L’axe de la fissure nous amène à ce qui pourrait être une troisième entrée à ce trou.
Pente à cailloux (D25 ?)
Toujours en attente de la remontée de Pascale, je dégage quelques cailloux dans un trou oblique qui se situe entre les deux gouffres, et dont il faudrait extraire un énorme bloc pour espérer continuer plus loin.