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Topographie au camp Capéran 2016

Du 21 au 31 juillet, Pascale et moi nous sommes joints à l’expédition du CASA/C7 sur le lapiaz du Capéran, non loin des pistes de ski de Gourette au pied du Pic de Ger dans les Hautes-Pyrénées.  Le C7 fait ce camp quasiment chaque année depuis bientôt 40 ans.

Le camp, qui se situe à 2065m d’altitude, est très éloigné de toute civilisation en ce, y compris, des routes, des réseaux GSM et Internet : une expédition en autonomie. Tout doit y être acheminé, de la tente aux vêtements, en passant par la nourriture et le matériel spéléo.  Le seul élément dont nous pouvons nous dispenser, dans une certaine mesure, est l’eau, car le camp est judicieusement situé tout près d’une source.

Nous y avons été pour la première semaine des trois qu’a duré l’entièreté de l’expédition, et y avons fait la connaissance de membres du C7 que nous ne connaissions pas encore : Pascal, Greg, Colin, Coline, Amélie, Thomas… Et  avons revu des têtes connues : Jack, Christophe et Bobo pour le C7, mais aussi Luc du GRPS.

Jeudi 21 juillet

De Belgique, nous arrivons à l’hôtel de l’Amoulat après 13 heures de route. Nous y rencontrons Thomas puis, dès que le reste du groupe arrive, nous nous fixons rendez-vous sur la place de Gourette et improvisons une soirée au restaurant.

Vendredi 22 juillet

Pendant la nuit, des orages violents se produisent dans la vallée et sur les hauteurs,  avec des précipitations de grêlons. A Gourette, les pompiers nous prêtent leur local pour nous permettre de répartir et de stocker du matériel pendant la durée de l’expédition (essentiellement la nourriture des deux semaines suivantes).

Non sans une certaine appréhension, nous décidons de gravir la montagne malgré les prévisions météorologiques non réjouissantes. La mairie a délivré l’autorisation pour que le pick-up 4x4 de Pascal puisse monter les pistes de ski jusqu’aux lacs du Plaa Ségouné. Pour lui, deux voyages seront nécessaires afin de transporter à la fois les participants de l’expédition ainsi que leurs sacs à dos.  Avec les autres, nous réalisons un premier portage sous le brouillard et le crachin qui ont persisté toute la journée.  Il y a seulement 3 km à parcourir pour arriver au camp du Capéran, mais des montées pour 203m cumulés et des descentes pour 375m cumulés. Sur le trajet comme au camp, les grêlons de la nuit ont constitué des névés très facilement reconnaissables, qui disparaîtront au cours de la semaine. Les névés plus anciens, eux, fondront inévitablement, mais resteront toujours présents, comme celui du Col de Ger, qu’il nous faudra contourner par un chemin relativement instable.

Les premiers arrivés au camp déballent le matériel et les restes de vivres non périssables cachés dans la montagne. Lorsque tout le monde est là, on s’active au montage de l’abri commun, puis les tentes individuelles.

Progressivement, la nourriture commune qui a été apportée est rassemblée et nous entamons notre festin du soir : spaghetti à la carbonara lyophilisés.

Samedi 23 juillet

Encore une journée dans le brouillard et le crachin. Après un bon petit déjeuner, une équipe redescend dans la vallée en 4x4 afin de prendre le matériel spéléo et les restes de victuailles qui, malgré que le pick-up soit grand, n’ont pas pu être embarqués la veille faute de place… Ensuite, tous font un ou deux allers-retours entre le camp et la voiture pour se charger.

Repas du soir : pilons de poulet, carottes et blé cuit.

Dimanche 24 juillet

Le brouillard persiste mais les éclaircies se font plus nombreuses et le crachin a disparu. Pascale et moi randonnons sur les crêtes de l’Aucupat culminant à 2341m. Nous rejoignons aussi une dernière fois la voiture au Plaa Ségouné pour emporter notre propre matériel spéléo ainsi que la foreuse qui avait été oubliée, pendant que les autres s’enfoncent sous terre pour rééquiper les gouffres.

Repas du soir : boulettes au riz et à la sauce tomate.

Lundi 25 juillet

Le beau temps arrive et restera stable pour le reste de la semaine !  Etant donné que nous avons monté notre matériel de topographie, Jack nous propose de commencer celles du gouffre Café Liégeois Glacé (BBS1) que Christophe et Greg ont équipé la veille : nous voilà enfin partis pour notre premier gouffre glaciaire ! Au soleil, la cavité débute par un puits aux magnifiques proportions : environ 30m sur 8m et une profondeur d’environ 40m, dont le fond est tapissé de neige. Ensuite, débute un autre puits en plusieurs parties entrecoupées par des névés. Sur corde, nous nous frayons un chemin entre la roche et la neige. Après un fractionnement à environ 20m, suivi d'un pas sur un pont de glace, nous accédons à une partie basse très rectiligne, qui est aussi très froidement arrosée par la fonte de la neige. Il ne nous a pas été possible de poursuivre la topo, notre appareillage refusant de prendre les mesures et des blocs de glace tombant depuis le haut. D’après les croquis réalisés par les anciens, le puits serait profond de 85m. Nous nous contenterons de cette information jusqu’à la prochaine incursion. Le gouffre n’a pas été équipé au-delà, et sera déséquipé le lendemain.

Repas du soir : spaghetti bolognaise et fromage râpé sur place.

Mardi 26 juillet

Jack et Greg étant occupés dans le gouffre Li Caillon (UL15), Pascale et moi les suivons avec deux bonnes heures de décalage et y entamons une autre séance de topo.  L’entrée du gouffre est beaucoup moins engageante par ses dimensions de 1m sur 50cm, mais, sous le cagnard, l’air frais qui en sort constitue une sorte d’appel.  La cavité s’élargit rapidement en plongeant d’environ 7m. Ensuite, un puits de 22m donne accès à une salle déclive, d’où partent deux puits parallèles qui se rejoignent environ 20m plus bas, dans une couche argilo-calcaire.  Nos comparses tentent d’élargir le méandre qui se situe un peu au-dessous de la cote -53m afin de le rendre pénétrable.  L’élargissement sera poursuivi par d’autres binômes dans les jours suivants.

Repas du soir :

Mercredi 27 juillet

J’accompagne Luc, qui a pour projet d’élargir une fissure au gouffre LG10 à 2400m d’altitude. La séance sera de courte durée et je reste à l’entrée car Luc n’a pas réellement besoin d’aide.  Pendant ce temps, Pascale accompagne Jack pour une prospection de surface dans la combe « cachée » (invisible depuis le camp, qui offre pourtant une vue imprenable sur la vallée).

Repas du soir : couscous aux carottes et chou rave et saucisse sèche.

Jeudi 28 juillet

Pascale et moi prenons la direction de la Combe Cachée pour suivre Jack, Greg et Colin dans l’UL12 (qui n’a pas encore de nom) et, avec Jack, je topographie l’entrée de la cavité.  Une petite doline tapissée de neige donne accès à une grande salle déclive de 3m de large sur 15m de long et un plafond atteignant par endroits 16m de haut.  La présence de neige rend cette salle particulièrement jolie. Après un ressaut de 2m et un peu de contorsion debout, à la cote 21m, la cavité se prolonge par une fissure impénétrable, mais le « coup du caillou » est sans appel : le caillou jeté à l’intérieur rebondit.  Une autre équipe reviendra pour percer.

Repas du soir : thon et riz.

Vendredi 29 juillet

Presque sur le départ, Pascale et moi portons notre matériel spéléo jusqu’au 4x4 puis nous revenons vers le camp en passant par les crêtes d’Aucupat, surtout, en profitant du soleil et des paysages vertigineux qui s’offrent à nous, et en nous intéressant aux fleurs de haute montagne.

Repas du soir : macaroni au jambon fumé et au fromage, râpés sur place.

Samedi 30 juillet

Ce jour est celui du chassé-croisé entre occupants partants et nouveaux arrivants, que nous n’avons pas vu. Pascal rapatrie nos affaires spéléo, entre autres, vers le local des pompiers dans son 4x4 tandis que Pascale et moi prenons le chemin de Gourette en descendant par la pente herbeuse : 814m de descente pour 145m de remontée.

Pendant quasiment toute la semaine que nous avons passée avec eux, les membres des CASA/C7 et GRPS ont œuvré sous terre à forer des trous, équiper, élargir des passages… Au moment où nous les avons quittés, les étroitures allaient commencer à devenir pénétrables. Malheureusement, nous n’aurons pas eu l’occasion d’y goûter à moins de passer la seconde semaine voire aussi la troisième.

Reste à souligner le travail de Bobo, qui n’a pas apporté son matériel de spéléo, mais qui a montré que son surnom choisi d’après la BD de Paul Deliège, lui allait à merveille : il a porté une brouette qu’il a fabriquée spécialement pour le transport de pierres, pour ajouter un vestibule en pierre sèche ainsi qu'une table imposante, à l’entrée de l’abri du Capéran.

 

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