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Gorges de l'Ardèche 2015

Rédigé par Pascale le . Publié dans Activités en 2015.

Pascale 

Pour cette expé club, nous avions choisi les gorges de l’Ardèche, paradis de la spéléologie, pour la variété de ses paysages souterrains. Tout le monde peut y trouver son plaisir : de l’horizontal, du vertical (pas très profond, je vous l’accorde, mais d’un bon niveau pour les apprentis équipeurs), du sportif, de la « spéléo-balade »,… Nous avions même pensé à une cavité ou les non-spéléos pourraient nous accompagner. Finalement, n’étant que 3 spéléos à participer, nous avons redéfini nos objectifs et préféré découvrir des cavités que nous n’avions pas encore visitées lors de précédents séjours.

C’est à Saint-Julien de Peyrolas que nous avons trouvé un gîte. Très bonne situation pour la spéléologie du côté de Saint-Marcel d’Ardèche, Saint-Remèze, Bidon, … mais un peu plus loin pour nos objectifs. Il faut faire avec ce qu’on trouve ou s’y prendre bien plus tôt pour réserver… Quoiqu’il en soit, le gîte était très agréable, spacieux, situé au calme dans les vignobles, bien équipé et avec un local technique nous permettant de stocker le matériel, proche des magasins et de lieux touristiques. Adresse à retenir !


Aven Armedia (05/04/2015)

Pascale

Voilà déjà 2 ou 3 ans que l’on m’avait parlé de cette grotte du Gard à ne manquer sous aucun prétexte. Mais encore fallait-il savoir où la chercher, car je n’avais aucun renseignement, excepté son nom, car l'Inventeur préfère qu'on ne fasse pas trop de publicité. Après quelques recherches, j’ai pu obtenir sa localisation et un bref descriptif. Je n’ai trouvé aucune topo, mais suffisamment d’informations pour prévoir le matériel nécessaire à la descente dans cet aven. J’avais aussi cru comprendre que cette cavité commençait par quelque étroiture, et chacun connaît mon appréhension à ce sujet… Mais, on me l’avait bien dit… à ne manquer sous aucun prétexte ! Donc, au diable, boyaux infâmes et  tortueux !  Vous ne m’arrêterez pas !

Nous voici donc partis, Daniel, Delphine et moi. Nous garons la voiture à l’endroit précisé. Une voiture, des spéléos dirait-on, est déjà garée sur place. Mais ces derniers semblent visiter un autre trou voisin dont le puits d’entrée est équipé. Nous poursuivons à pied, comme conseillé, carte IGN en main. L’itinéraire que j’ai pu obtenir est clair et précis : après 2 ou 3 minutes de marche, nous trouvons le sentier qui conduit vers l’Aven, et l’entrée est trouvée tout aussi rapidement. Finalement, nous aurions pu nous approcher encore un peu plus en voiture car, sur un parking improvisé, se trouvent déjà 3 camionnettes. Encore des spéléos… Décidément, il y a du monde sous terre ! Nous rapprochons donc notre voiture et ne nous équipons pas trop vite. Nous préférons attendre la sortie du premier groupe : il est déconseillé d’être trop nombreux dans la cavité par soucis de protection, et se croiser dans les puits risque aussi de poser problème.

Un par un, arrivent les autres spéléos. Il s’agit d’un groupe « international » : des français, des allemands, des hollandais, au total 7 spéléos guidés par un huitième, Erik, un belge conquis par la spéléo ardéchoise et qui a décidé de s’installer dans la région il y a déjà plusieurs années. Nous discutons un moment avec Erik qui nous conseille de profiter de notre séjour pour visiter un réseau découvert en 2012 et toujours en cours d’exploration, dans les environs d’Orgnac. Ce réseau, composé de 3 entrées, est habituellement fermé, mais il est exceptionnellement ouvert toute la semaine. Cerise sur le gâteau, nous ne devons prévoir aucun matériel car l’aven est équipé. Heureusement, car nous aurions manqué de cordes. Il se propose de nous envoyer toutes les infos par mail.

Les voilà tous extirpés du boyau d’entrée, pas vraiment étroit finalement, et nous pouvons nous y engager à notre tour. Un toboggan fait suite et nous conduit à la tête du puits d’une quarantaine de mètres. Ce puits est assez particulier, il s’agit en fait d’une succession de ressauts de quelques mètres chacun, en colimaçon. Des concrétions sont déjà présentes ci et là mais nous n’y prêtons guère attention, trop occupés que nous sommes à équiper ou passer les nombreux fractios et déviateurs. Nous atterrissons dans une salle un peu boueuse mais de grandes dimensions. A droite, un balisage conduit vers une autre salle accessible par un passage bas. Lorsque nous nous redressons… c’est blanc, c’est beau, c’est à couper le souffle ! Des milliers d’excentriques de taille impressionnante et de toutes formes nous entourent. Nous revenons sur nos pas, traversons la grande salle et, après un petit quatre-pattes entre les concrétions, une corde en place mène à une alcôve avec des milliers d’excentriques. Il semble qu’il y ait du CO2, ce qui nous évoque un précédent séjour en Ardèche, et nous ne nous y attardons pas.

Il ne nous reste plus qu’à remonter, Daniel passe en tête, je le suis, et Delphine s’occupe du déséquipement.


Randonnée vers la Chartreuse de Valbonne (06/04/2015)

Daniel

Lors de notre arrivée, la propriétaire du gîte nous a parlé d’une randonnée intéressante à faire, au départ du gîte : un sentier de grande randonnée nous mène quasiment tout droit vers la Chartreuse de Valbonne, dont les toitures sont composées de tuiles vernissées du style bourguignon, comme les toitures des célèbres Hospices de Beaune.

Delphine, Pascale et moi nous sommes donc mis en route et avons serpenté le long des vignobles de Saint-Julien-de-Peyrolas, puis dans la forêt domaniale de Saint-Paulet-de-Caisson, en direction de la fameuse abbaye.  Nous avons cassé la croûte dans un jardin jouxtant le monastère, en compagnie d’une dizaine de chats qui nous réclamaient un modeste droit pour notre visite.  Nous sommes revenus au gîte en passant par Saint-Paulet, ce qui nous a fait un peu plus de 14 kilomètres en environ 3 heures.


Grotte touristique de Saint-Marcel d'Ardèche (06/04/2015)

Pascale

Il est encore tôt lorsque nous rentrons au gîte. Après un petit apéro et un casse-croûte sur la terrasse, nous décidons d’aller (re)visiter la partie touristique de Saint-Marcel d’Ardèche. Nous ne sommes qu’à 15 minutes en voiture, et j’ai très envie de revoir la cavité sous l’éclairage réservé aux touristes.  En effet, vu la taille des galeries et salles, nos lampes spéléos, même la Scurion, sont bien insuffisantes pour admirer le décor.

Daniel et moi avions déjà eu l’occasion de visiter la partie touristique et aussi, à plusieurs reprises, de la traverser lors de sorties spéléologiques, mais pour Delphine c’était une première. Elle est restée bouche bée et aspire à un prochain séjour en Ardèche pour découvrir le réseau qui, aux dernières nouvelles, totalise le chiffre impressionnant de 54 kms.


Event de Peyrejal par l'entrée artificielle (07/04/2015)

Pascale

Encore une dont on nous avait parlé depuis longtemps mais que nous n’avions pas pris le temps de visiter plus tôt.

La cavité fait partie du système de la Claysse souterraine, qui se développe sous le synclinal de Saint-André-de-Cruzières. Le système est célèbre pour ses spectaculaires mises en charge et la violence des ses crues. Il est donc indispensable, avant de s’y engager, de vérifier que les conditions météos sont favorables, ce qui semble être le cas pour toute la semaine.

Entrée artificielle évent de PeyrejalAvant de nous changer, nous préférons aller repérer l’entrée, car il fait chaud et n’avons pas envie de passer trop de temps en plein soleil dans nos combis spéléos. Nous trouvons rapidement le puits artificiel, perdu au milieu du lapiaz et couvert d’une plaque d’acier de 50 cm de diamètre.

Sur le parking, pendant que nous nous préparons, nous sommes rejoints par un groupe de trois allemands qui viennent également visiter l’aven de Peyrejal. Après en avoir discuté ensemble, nous décidons d’équiper la cavité en double, chacun souhaitant prendre son temps pour la visite. Nous nous empressons donc et retournons vers l’entrée, suivis de peu par les allemands qui nous annoncent qu’un troisième groupe vient d’arriver sur le parking. Mais, que de monde sous terre ces jours-ci !

Nous descendons les quelques puits, les premiers n’étant pas bien larges, mais sans difficulté.

La base des puits se trouve à quelques pas seulement du siphon qui barre l’accès par l’entrée naturelle. Nous nous dirigeons donc vers l’amont, et plus exactement directement vers la branche de Sauvas, connue pour ses conduites forcées de forme parfaitement cylindrique. C’est de la promenade sur quelques centaines de mètres jusqu’au siphon amont. Nous devons nous baisser à de rares occasions.

Après avoir vu le lapiaz, la forme des galeries, les nombreuses arrivées d’eau, il est aisé de comprendre que s’aventurer dans le réseau en cas de mauvais temps relève de l’inconscience. Mais il fait très beau dehors, et nous pouvons donc nous permettre de prendre tout notre temps.

Sur le chemin du retour, Daniel en profite pour prendre de nombreuses photos, histoire d’immortaliser l’instant. Nous croisons le 3ème groupe qui se dirige vers le siphon terminal.

Chaque groupe a effectivement pris son temps ou s’est un peu perdu dans le dédale de galerie, car nous sommes les premiers de retour à la base des puits. Il y a seulement 2 équipements. Le troisième groupe a probablement choisi de partager l’équipement des allemands. Alors que nous sommes encore dans les puits, nous les  entendons arriver. Ils nous suivent de peu.

J’avais prévu de déséquiper, mais une perte de lentille m’en empêche, Daniel devra donc s’y coller ! Pas terrible la vision d’un seul œil ! Bref !!!

Il est encore tôt. Avant de prendre la route du retour vers le gîte, nous allons repérer l’entrée de la Cotepatière, que nous avons également mise au programme de cette semaine. Encore une fois, la cavité est facile à trouver.


Aven et Baume Flandin (11/04/2015)

Delphine et Daniel

Alléchés par les dires d'Erik, le spéléo belge-ardéchois, trois jours plus tôt, nous décidons de suivre ses conseils et d'aller voir d'un peu plus prés l'aven Flandin.

Une fois la voiture garée, nous nous mettons à la recherche de cette cavité. Nous cherchons par un chemin, puis par l'autre. Nous trouvons une petite cavité, mais qui ne ressemble pas aux descriptions, rebroussons chemin... Nous trouvons une autre cavité que nous identifions assez facilement comme étant la grotte Flandin, et pas l’aven, et nous décidons que nous la visiterons plus tard dans la journée. Nous trouvons enfin la trappe donnant accès à l’aven.

Erik n'a pas menti, la cavité n'est pas verrouillée et est équipée en fixe.

Nous descendons un à un dans le tube d'entrée. Le chemin semble étroit pour Pascale, passée première, mais nous continuons quand même à descendre dans des puits de plus en plus tortueux. Nous suivons l'équipement, tout en essayant de nous rappeler les consignes d'Eric.

Au bout de nos efforts, la salle que nous pensions être la salle GASOIL, du nom du groupement qui l’a découverte, se dévoile. Elle n'est guère très grande, guère fort concrétionnée. Un peu déçus, nous nous demandons si nous ne nous sommes pas trompés de direction. Nous trouvons une corde en fixe remontante, la grimpons et arrivons dans des boyaux étroits et boueux qui donnent accès à une autre corde équipée en fixe, à descendre.  Le volume est plus grand... Espoir !  Un petit tour dans un recoin de la salle est dont la paroi semble recouverte d’un peu de neige mais qui queute, et nous trouvons un nouveau passage balisé. Yes !  Nous descendons et arrivons au sommet d’un très large puits, devant nous voici le Pont d’Arc en négatif, profondeur d’environ 50 m, surplombé par sa vire vertigineuse.

Nous nous rappelons les conseils d’Erik et empruntons la vire plutôt que de descendre.  Et nous voilà dans un paysage assez peu habituel en grotte : les parois sont très blanches, immaculées, pareilles à de la neige.  A y regarder de plus près, ce sont des plaques de calcite qui se détachent des parois, par endroits. La corde en fixe nous amène dans une galerie surplombant le puits.  Après un quatre-pattes parmi les plaques de neige-calcite, nous arrivons dans une petite salle.  Delphine passe une étroiture... Menant en principe vers l’aven voisin, l’aven de la Fourchette, mais la topo nous indique que la jonction n’est pas pénétrable.  Au retour, Daniel a l’attention attirée vers la mascotte de la galerie : le « lapin des neiges ». 

Une fois ressortis de l’aven, nous repassons devant la grotte Flandin.  Il fait plein soleil et nous ne sommes pas très tentés de retourner sous terre, mais l'appel de la spéléo est tout de même le plus fort et nous permet d’aller rechercher la fraîcheur. Nous y descendons et, à quatre pattes, nous nous écorchons les genoux sur des cailloux et des stalagmites. Au bout d’environ 50 m qui sont un supplice mais tellement beaux que nous ne voulons pas reculer, nous pouvons enfin nous redresser. Stupéfaction !  La salle qui se dévoile devant nous est magnifique. Parée de stalagmites, stalactites, piles d'assiettes, colonnes d'un blanc immaculé, la salle n'a rien à envier à Orgnac !

Les efforts de la journée sont bien récompensés. Daniel a quelques regrets car il n’a pas les flashs pour la photo avec lui et, en plus, la batterie de son appareil photo est vide. Promis, nous reviendrons !

Nous nous promenons encore une petite heure dans ce décor de rêve, suivant un circuit balisé qui fait le tour de l’immense salle déclive.


Pont du Gard (09/04/2015)

Ce jour-là le soleil brillait, il ne nous en fallait pas plus pour remiser nos tenues de spéléos et sortir nos lunettes de soleil. De plus, nous avions envie de passer au moins une journée tous ensemble. Nous nous sommes donc tous rendus au pont du Gard, admirer cette merveille datant de l'ère romaine. L'aqueduc est composé de trois étages. Nous n'avons pu nous promener que sur le premier, les autres étant fermés aux visiteurs. Pas grave, rien qu'à cette hauteur, la vue sur le Gardon est magnifique. Nous avons ensuite profité d'une terrasse alléchante, pour contempler cette fois-ci le pont, avant de nous instruire en parcourant le musée dédié au site.

La journée fut fort agréable, et nous pûmes profiter des derniers rayons de la journée sur la terrasse du gîte, avant de partager un repas au coin du feu.

Cotepatière-Cocalière (13/04/2015)

Vendredi, dernier jour de l’expé, nous souhaitons faire une activité calme et pas trop longue.  Ainsi, nous décidons de parcourir le réseau Sauvas-Cocalière, qui à lui seul totalise un développement de 14.500 mètres et fait partie du système de la Claysse souterraine.

Nous commençons par grimper dans la grotte Cotepatière : il s’agit d’une promenade très facile et reposante dans une galerie immense, et Daniel en profite pour mitrailler avec son objectif concrétions, méandres, rétrécissements de la galerie, ainsi que ses compagnes de route qui font leur possible pour rester patientes.

En sortant de la Cotepatière, nous faisons un détour vers l’évent de Peyrejal, dont 300 mètres environ peuvent être parcourus librement jusqu’au siphon.


Pendant ce temps...

Pascale

Pendant ce temps, nos accompagnants, Xavier V., Mariette, Claude et Josette n'ont pas chômé : visite de la partie touristique de la Cocalière, la ferme aux crocodiles, le château des Roure et son musée de la soie, une promenade dans le charmant village d'Aiguèze classé parmi les plus beaux villages de France, le musée de la Lavande à Saint-Remèze,...

Un grand merci à eux pour l'intendance et les bons repas. Une fois de plus, sans "l'équipe de surface", le séjour aurait été beaucoup moins confortable.

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