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Présentation

60 ans d'aventures pour le GSC

Par Daniel Lefebvre, président du GSC, avec l’aide de Pascale Somville, trésorière, et de quelques membres ; article paru dans Regards n° 74, mars 2011

Saviez-vous que, cette année, mon club est en train de franchir avec un franc succès ses 60 années d’existence ?  Bien sûr, il a été fondé par des personnes que je n’ai même pas connues et dont je me demande si elles se remémorent parfois avoir fait partie de cette grande famille.  En m’inspirant de notre périodique « Sous-Terre » pour tenter de résumer l’histoire du Club –et il y a vraiment beaucoup à dire–, c’est avec émoi que je parcours tous ces comptes-rendus d’activités et ces anecdotes piquantes qui furent publiées et me confortent sur le fait que, effectivement, le Groupe Spéléologique de Charleroi (GSC) est une grande famille.

J’espère ne vexer personne si des événements importants m’ont échappé lors de la préparation de cet historique :

1951:

  • Le GSC a été fondé en 1951 sous le régime de l’association de fait par un groupe de randonneurs.  Sous la présidence de Madame Leroy-Vranckx, le premier « Sous-Terre » a été publié en 1953 sous forme de bimestriel.  Bien sûr, il en était à ses balbutiements, à l’époque, mais il est devenu plus régulier par après. Il est devenu trimestriel en 1965 puis annuel, rencontrant des hauts et des bas selon le moral du Club et de ses membres, qui ont traversé plusieurs adversités et s’en sont toujours relevés.  L’absence de périodique ne signifiait en aucun cas que les activités étaient abandonnées, paradoxalement, les membres étaient plus actifs à ces moments-là.
  • Les activités ont principalement débuté par quelques découvertes dans nos régions.  Par exemple, dans le trou des Tassons, voisin de la grotte touristique de Nichet, où la durée de l’exploration fut tellement longue que des pompiers ont été appelés et se demandaient, non rassurés, par quel moyen ils pourraient pénétrer dans ce trou très étroit.  Vint ensuite l’exploration, tant en surface qu’en souterrain, du Beau Vallon à Bois-de-Villers, déjà connu pour son trou des Nutons.  Le GSC a également été présent lors de déblaiements au trou Maulin et lors des premières explorations du trou Bernard, tandis qu’à Petigny, il se mettait à la recherche du ruisseau souterrain.
  • L’archéologie et la paléontologie ont très vite été associées aux explorations de spéléologie.  Le Club a en effet collaboré à de nombreuses fouilles, notamment à Fontaine-Valmont, puis au château d’Ham-sur-Heure, avec le Cercle de Recherches Archéologiques d’Ham-sur-Heure.

1956:

  • Les membres du Club ont « redécouvert » le trou Quinet, obstrué précédemment par le propriétaire, et ce trou ainsi que les rochers aux alentours, situés dans l’agglomération de Charleroi, allaient devenir leur terrain d’entraînement de prédilection.

1959:

  • L’extension du Club était croissante, passant à 53 membres.
  • De nombreux entraînements ont été tenus au Fondry des Chiens.
  • A Arbre, le trou Edouard, 1 kilomètre environ en aval de l’abîme de Lesve, a été découvert et baptisé définitivement « trou Malopates » quelques années plus tard.
  • A Pétigny, des explorations complémentaires dans la grotte du Poilu, ont mis à jour de nombreux ossements et découvert plusieurs salles de toute beauté.
  • A Ben-Ahin, après que beaucoup de spéléologues se soient attachés à la jonction entre la grotte Manto et la grotte Saint-Etienne, voilà que la liaison souterraine est devenue praticable.
  • Pendant ce temps, le Club explorait le trou du Renard, en amont du vallon sec de Lesve, et la Fosse Annie dans une vallée latérale.

1960:

  • Fin des années ‘50, la présidence a été reprise par Michel Normand, et ensuite par Jean-Baptiste Boucher.  A l’époque, les réunions du Groupe se tenaient dans les locaux de l’Académie de Musique de Châtelet.
  • Les premiers statuts ont été rédigés, en tant qu’association de fait, les membres n’ayant alors pas estimé nécessaire de fonder une ASBL, mais ces statuts ont été inspirés de la loi régissant les ASBL.
  • Pendant cette période, le Club a exploré la source et les grottes des Sarrazins à Loverval, de même qu’il a prolongé les explorations de la grotte de l’Agouloir à Châtelet, et commencé les désobstructions dans le chantoir du Pressoir à Rivière.  Il s’entraînait alors sur les rochers de Bouffioulx ainsi qu’au trou Quinet.

1961:

  • Le 21 juin, l’Assemblée Générale du GSC a désigné Raymond Lisen comme Président. Son mandat fut le plus long et le plus remarquable au sein du Club, auquel il a consacré une très grande partie de sa vie.
  • La période voisine de son élection a vu naître la section alpine du Club ainsi que la section spéléologique autonome de Florennes, comportant 8 membres.
  • Un projet, né avant son élection, a abouti à la construction du refuge de Bouffioulx.
  • Il y a eu, parmi les nouvelles découvertes, une cinquantaine de mètres de nouvelles galeries au trou d’Haquin, des prospections à Annevoie et à Bouffioulx, et, par la section alpine, pas mal de prospections à Freyr.
  • Les explorations se sont succédées, notamment au trou Quinet, dans deux grottes fraîchement découvertes à Hastière, dans la grotte du Pont d’Arcole, ainsi qu’une liaison dans le trou de l’Eglise (entre la galerie supérieure et la salle des éboulis).

1963:

  • La section autonome de Florennes a été intégrée au GSC, et un contrat de bail a été signé avec la Ville de Châtelet concernant les rochers de Bouffioulx.

1964:

  • Le GSC a ajouté la natation à son programme d’activités.

1970:

  • Le Club s’est jumelé avec le GS Clerval de Jean-Marie Brun, dans le Doubs.
  • Quittant l’Académie de Musique, le Club s’est trouvé un nouveau local rue de Couillet, à Châtelet.  Ce déménagement lui a permis d’accroître ses possibilités de stockage de son matériel, de sa bibliothèque, et de sa collection de minéraux et fossiles accumulés au fur et à mesure des fouilles.  L’intérêt du club pour la minéralogie a en effet toujours été très fort au point d’avoir une section « minéralogie » se réunissant une fois par mois.

1977:

  • Le GSC a organisé son premier Salon aux Minéraux et Fossiles, qui s’avèrera plus tard devenir l’activité la plus importante avec une périodicité annuelle.

1980:

  • Les membres du Club ont ouvert le passage Jacqueline dans l’abîme de Lesve.

1983:

  • Le 7 août vers 7 heures, un incendie criminel a détruit le local, réduisant en cendres plus de 30 ans de travail.  L’activité prévue ce jour-là n’a pas été annulée, et un nouveau local provisoire a été trouvé.  Il fallut réapprovisionner du matériel, poursuivre les activités afin de maintenir le club en vie.  Un appel a été lancé au travers du FBSF afin de reconstituer la bibliothèque : nombreux ont été les collègues spéléos qui ont fait parvenir des publications, et ces instants vous font découvrir que la solidarité n’est pas un vain mot...

1984:

  • Quelques membres procèdent, non pas à un rinçage, mais plutôt à un mémorable vidage, du siphon dans le trou des Crevés (Peket à la clé, semble-t-il).
  • De retour d’une expédition, le GSC a palabré sur cet animal montagnard énigmatique appelé « le dahut », décrit très scientifiquement (si, si !) par nos membres dans « Sous-Terre »...

Milieu des années ‘80:

  • Délaissant quelque peu les publications de « Sous-Terre », le GSC a été très préoccupé par l’emménagement dans son local actuel et y a fait de gros travaux.

1989:

  • Le GSC a pris part à la préparation de la traversée Cueto-Coventosa, une expédition de la régionale du Hainaut.

1992:

  • Le 9 juillet, entre 23 heures et minuit, le Club a connu sa seconde période sombre : le refuge de Bouffioulx s’en est allé en fumée, probablement suite à un acte de malveillance de gamins.  Notre refuge avait près de 30 ans de loyaux services malgré diverses agressions de vandales, et, dans « Sous-Terre », on pouvait lire « cet avis tient lieu de faire-part »...  Le refuge ne fut jamais reconstruit, mais le Club et ses membres ne se sont pas laissés abattre.

1996:

  • Nous avons participé à notre première opération « Place aux Enfants » organisée par la Ville de Châtelet.  Ce fut un succès, pour les participants et la promotion de la spéléologie et la minéralogie, et, depuis, nous réitérons cette opération chaque année.

1997:

  • Nous connaissions le Spéléo-Club du Jura (SCJ), depuis plus de 30 ans.  Notre relation durable a débouché sur un jumelage dont nous avons fêté le 10ème anniversaire en 2007, entre nos deux clubs.

1999:

  • Le GSC a pris une part très importante dans l’organisation d’une grosse expédition dans le Gouffre Berger, réalisée avec une cinquantaine de spéléos de divers clubs.

2000:

  • La fin du XXème siècle a marqué le début des explorations dans le Vaucluse, avec quelques découvertes dans le Trou Souffleur et l’Aven Autran.

2002:

  • Le GSC a créé son ASBL, dissolvant officiellement l’association de fait par l’Assemblée Générale deux ans plus tard.

2006:

  • Suite à la longue maladie de notre Président Raymond Lisen, Alain Meyskens a assuré l’intérim et conservera ce titre pendant deux ans.
  • Peu avant la Noël, Raymond nous a finalement quittés, avec le souhait de laisser sa place à la génération suivante.

Durant toutes ces années, le GSC a pratiqué différentes expéditions dans de nombreuses régions, tant dans les domaines de la spéléologie, de la randonnée et de la grimpette que de la minéralogie, notamment en Côte d’Or, le Vercors, le Mont-Blanc, l’Ardèche, le Doubs, la Haute-Savoie, l’Oisans, les Pyrénées (Orientales et Centrales), les Calanques, les rochers de Fontainebleau, la Meuse, le Quercy, les Vosges, les Jura suisse et français, le Vaucluse (à de multiples reprises), le Vaud, l’Espagne, la Norvège, le Maroc, la Turquie, la Grèce, l’Italie, la Slovaquie...  De même, plusieurs explorations sont en cours, comme aux Grottes de Neptune et dans le Vaucluse.

Les contacts inter-clubs se sont multipliés, et une partie des activités citées précédemment ont été réalisées avec d’autres clubs.  Il y a eu plusieurs activités inter-groupes avec les Stalacs et les Olifants, l’association naturaliste des Vampires à Villers-la-Ville, le SCB, les Troglodytes, le SCR, la Cordée de Mouscron, le CSBS, le Spéléo-Club de Ham-sur-Heure, le club Anabasis, le Spéléo-Club de Couvin, l’ASAR, le SCJ, l’ASAG, le CASH, le Spéléo-Lux..., et je prie ceux que j’oublie, de m’excuser, mais quoi qu’il en soit, les échanges inter-clubs ont globalement donné des résultats très positifs en matière d’amitié entre spéléos.

En 60 ans d’existence, le GSC a été et reste très actif.  Il a connu maintes péripéties, dans l’entente et parfois dans le déchirement, ce qui est normal car ses membres sont humains, mais le bilan est très positif puisque le Club comporte, encore à l’heure actuelle, une septantaine de membres dont une quarantaine de fédérés.  Il peut sembler étonnant de voir à quel point les anciens restent attachés à leur Club et épaulent la génération actuelle, mais n’est-ce pas là la preuve d’une grande famille ?  A vous, les anciens, merci d’avoir su créer cette ambiance et de nous la faire partager.

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